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Déclaration de Georges Poirier, élu d’opposition et membre de Demain Laval, lors du Conseil municipal

Vous rêviez, Monsieur Zocchetto, d’un brevet de bonne gestion. C’est raté.

En 2013, le précédent rapport de la Chambre régionale des comptes évoquait une « situation tendue ». Cette année, la CRC estime la situation « préoccupante ». On monte d’un cran dans le choix des mots. Et les indicateurs – je cite – « traduisent un état très dégradé ». Bref, votre mandat n’a pas amélioré les choses, quoique vous disiez

La CRC revient à la cause, les fameux emprunts toxiques, héritage des années d’Aubert. On n’a pas fini d’en parler. Avec l’accord transactionnel que vous avez signé en 2017, la Ville s’engage à verser 1,1 million d’euros par an à la banque jusqu’en 2025. « En définitive, écrit la CRC, la Ville a bien payé la quasi-totalité du coût de l’emprunt risqué ». Au passage, elle remarque même que « le conseil municipal a été insuffisamment informé sur cette sortie ». C’est un euphémisme.

La capacité de désendettement n’a pas varié d’un poil. Je cite : « Sur la période 2009-2012, la capacité moyenne de désendettement est de 12 ans… Une fois les sorties d’emprunts à risques réalisées, la commune reste en 2018 sur un ratio supérieur à 12 ans ». La CRC signale même que des sommes dues ne sont pas inscrites.

Une autre évaluation de la CRC est intéressante : celle sur la capacité d’autofinancement de la Ville. Je cite : « Sur la période 2009-2012, la capacité d’autofinancement nette par habitant est nulle et l’encours de la dette est compris entre 1500 et 1600 euros par habitant… Sur la période 2013 -2018, on constate des capacités d’autofinancement nettes négatives et un encours de dette toujours autour de 1500 euros par habitant ».

Bref, vous n’avez fait aucun miracle, aucun redressement pourtant claironné. Les numéros de claquette réguliers de votre adjoint aux finances sont surjoués.

Pire : les finances lavalloises demeurent « préoccupantes » alors même que vous avez effectué beaucoup de cessions de patrimoine. Plus de 15 millions d’euros, souligne la CRC qui note que c’est « très significatif pour une collectivité de (notre) taille ». Certaines cessions étaient justifiées, d’autre beaucoup moins. Beaucoup de Lavallois regrettent la vente de Saint-Julien qui est sorti du bien commun de la Ville, au profit d’un projet communautariste. Il y a aussi des opérations filandreuses comme la cession gratuite, au département, du terrain pour l’Espace Mayenne, dans des conditions que ne plaisent guère à la CRC. Tout ceci, c’est au détriment des Lavallois.

La conclusion de la CRC est plutôt aigre-douce : « Sauf à augmenter la pression fiscale, la Ville n’aura aucune autre ressource pour réaliser des investissements que de nouvelles cessions et de nouveaux emprunts ». Autrement dit, M Zocchetto, vous n’avez pas redressé les finances de la Ville mais vous les avez plombées un peu plus. Les Lavallois vont payer jusqu’en 2025 les emprunts d’Aubert plus la facture de vos promesses de 2014. Vous n’avez vraiment pas facilité la tâche de vos successeurs en mars 2020.

Deux points encore :

Il y a un fil rouge dans ce rapport de la Chambre régionale des comptes : c’est le manque d’information du conseil municipal. À de nombreuses reprises, la CRC pointe ce déficit d’information : sur la gestion du personnel, sur le patrimoine immobilier, sur les sociétés satellites, sur les relations avec l’Agglomération et le département, etc., etc. Même en commissions, on ne nous présente pas tous les documents. Un exemple : on a appris par la presse qu’il avait trois projets pour le centre ville ; ils n’ont jamais été montrés, ni en commissions ni devant le conseil municipal.

Deuxième point : la restauration collective puisque la CRC a mis le focus sur ce dossier.

Au-delà des ajustements préconisés, plus que nécessaires, il faut s’arrêter sur les tarifs. Certes, la ville a toujours consenti un effort financier important pour la restauration scolaire. Néanmoins, il n’est pas innocent que la CRC utilise le même terme, « effort significatif » tant pour les « ménages modestes » que pour « les familles les plus aisées ». C’est une façon polie de dire que vous n’avez aucune politique sociale différenciée pour la restauration scolaire.

Le tableau (page 14 du rapport de la CRC) montre l’évolution des tarifs depuis 2013 et donc les augmentations que vous avez votées de 2014 à 2018. On peut y adjoindre la hausse votée le 24 juin dernier et qui est appliquée depuis le 1er septembre 2019.

Code quotient familial 1 : 1,05 euro en 2014,   1,38 euro en 2019    soit 31,42% de hausse
Code quotient familial 2 : 1,60 euro en 2014,   1,94 euro en 2019    soit 21,25% de hausse
Code quotient familial 3 : 2,30 euros en 2014, 2,65 euros en 2019  soit 15,21% de hausse
Code quotient familial 4 : 3,05 euros en 2014, 3,42 euros en 2019  soit 12,13% de hausse
Code quotient familial 5 : 3,65 euros en 2014, 4,08 euros en 2019  soit 11,78% de hausse
Code quotient familial 6 : 4,10 euros en 2014, 4,54 euros en 2019  soit 10,73% de hausse
Code quotient familial 7 : 4,40 euros en 2014, 4,85 euros en 2019  soit 10,22% de hausse
Code quotient familial 8 : 4,80 euros en 2014, 5,25 euros en 2019  soit   9,37% de hausse

C’est la pyramide inversée. C’est la solidarité à l’envers ! Autrement dit, les familles les plus aisées ont eu, en cinq ans, une hausse de 9,37 % (pour une inflation officielle de 4,5%) tandis que les ménages les plus modestes ont subi une augmentation de 31,42% !!!  Si le SMIC avait augmenté de plus de 30% en cinq ans, cela se saurait.

Comment en êtes-vous arrivés là ? Pendant quatre ans, vous avez voté une hausse forfaitaire uniforme, au total 20 centimes, pour tout le monde. Il n’y a qu’en 2019 que vous avez pratiqué une hausse en pourcentage de 2% en moyenne ; et encore vous avez « privilégié » le code 1 avec 2,2% de hausse contrairement aux autres codes.  En fait ce sont les Lavallois modestes qui doivent payer vos promesses de campagne.

Avec votre politique fiscale, avec vos tarifs de restauration scolaire, Monsieur Zocchetto, vous méritez le César du Robin des riches.