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Vente de Corbineau : un débat aurait permis de proposer des alternatives à des logements de luxe

Intervention de Georges Poirier, élu d’opposition, au conseil municipal du 9 décembre lors de la délibération sur la cession de l’ancienne caserne Corbineau.

Georges Poirier

Cette délibération pose des questions de forme et de fond.

D’abord une concertation avec les Lavallois

Cette délibération arrive en « questions du maire », sans passage donc devant une commission municipale. Parfois, sont examinés en commission des projets de délibération purement techniques pour des montants inférieurs à 1000 euros. Là, pour une vente de près de 2 millions d’euros, il n’y a aucune discussion préalable. C’est comme pour la place du 11 novembre pour laquelle aucun projet n’a encore été présenté en commission municipale. Vous avez consulté, dites-vous, des opérateurs immobiliers et, « après une rencontre avec les représentants de la ville » (qui ?), vous avez choisi une proposition. Tout ceci est très opaque.

Corbineau n’est pas un simple immeuble à céder. C’est un ensemble historique du centre-ville qui a toujours été un bâtiment public, d’abord une caserne puis un lieu emblématique du patrimoine municipal. Cela vaut au moins un débat public avec les Lavallois sur l’avenir de Corbineau. Il n’y a même pas eu une réunion avec les riverains. Déjà, fin 2017, vous êtes passés outre l’avis des riverains de Saint-Julien malgré leurs avis défavorables lors de l’enquête publique.

On ne peut pas vendre le bien commun des Lavallois sans leur demander leur avis.

D’autres pistes pour la réhabilitation de Corbineau  

Si vous écoutez un peu les riverains de la rue de Bretagne et même d’ailleurs, beaucoup espèrent que le site de Corbineau offre un espace de stationnement à deux pas du cœur de ville, avec une navette permanente.

Beaucoup de Lavallois, si on les interroge, ont aussi des idées sur l’avenir de Corbineau : une résidence intergénérationnelle et végétalisée ; une maison de retraite couplée à une crèche ; un espace associatif en centre ville ; le transfert de services municipaux situés en hypercentre pour faciliter l’arrivée de grandes enseignes dans des magasins à étages ; etc.

L’avenir de Corbineau ne se limite pas à des appartements de grand luxe.

La Caserne Corbineau venue à un promoteur-financier

Parlons aussi de l’acquéreur potentiel

Qui est donc l’acheteur pressenti ? C’est une société de Bordeaux comme ne l’indique pas la délibération. France Pierre Patrimoine n’a d’ailleurs que 1 à 2 salariés. Depuis 2018, le dirigeant mandataire est Financière Bacalan, située à la même adresse, et qui, elle-même, a pour mandataire depuis 2017 FL Holding, toujours même adresse.

La délibération précise que France Pierre Patrimoine appartient au groupe CIR – toujours même adresse à Bordeaux – et qui réhabilite effectivement des immeubles de standing dans de nombreuses villes. Le groupe CIR a, lui aussi, pour dirigeant mandataire la Financière Bacalan elle-même dirigée par FL Holding.

Le site du groupe CIR (bien fait) indique que, depuis 2017, les fondateurs de CIR sont associés à BridgePoint pour se développer. BridgePoint est une société internationale de capital investissement. Son comité consultatif européen comprend une ancienne ministre centriste, Anne-Marie Idrac. Le monde est petit.